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L'année 1992 marque la première fois qu'une Série mondiale est disputée à l'échelle internationale, ainsi que la première participation d'une équipe canadienne. Ce fut une année électrisante pour Toronto : après avoir terminé au premier rang de la Ligue américaine avec une fiche de 96 victoires et 66 défaites et attiré plus de 4 000 000 de spectateurs, tous les éléments étaient réunis pour permettre aux Blue Jays de remporter les grands honneurs. 

Les Blue Jays ont perdu le premier match de la Série mondiale, mais leur remontée lors du deuxième match fut spectaculaire. Tirant de l'arrière 4 à 3 contre les Braves d'Atlanta pendant la majeure partie de la rencontre, les Blue Jays ont vu Ed Sprague se présenter au bâton en neuvième manche avec un coureur sur les sentiers et un retrait. Sprague, qui n'avait frappé qu'un seul circuit durant toute la saison régulière, a réussi un circuit de deux points qui a permis aux Blue Jays de l'emporter 5 à 4. 

De retour à Toronto, le troisième match s'est conclu par une victoire en fin de rencontre grâce à un simple de Candy Maldonado, tandis que le quatrième match a été remporté grâce aux excellentes performances des lanceurs Jimmy Key et Tom HenkeAtlanta a toutefois répliqué avec une victoire de 7 à 2 lors du cinquième match, évitant ainsi l'élimination. Tout allait donc se jouer lors du sixième match, à Atlanta. 

« Most Valuable Moments 1992 » par Lorne Winters. Cette affiche présente trois moments marquants, dont le circuit victorieux d'Ed Sprague. Don de Devon White.

Toronto a conservé l'avance pendant la majeure partie du sixième match avant que les Braves ne créent l'égalité 2 à 2 en fin de neuvième manche. Le héros de la onzième manche a été Dave Winfield, qui a produit deux points grâce à un double, donnant aux Blue Jays une avance de 4 à 2. Il ne leur restait plus qu'à préserver cette avance. Atlanta a placé des coureurs au deuxième et au troisième but, puis a réduit l'écart grâce à un roulant le long de la ligne du premier but. Avec deux retraits et un coureur au troisième coussin, le rapide Otis Nixon s'est présenté au bâton pour les Braves. Il a exécuté un amorti le long de la ligne du premier but et s'est élancé vers le premier coussin pendant que le coureur du troisième but fonçait vers le marbre. Mike Timlin, qui venait tout juste d'être amené dans le match pour affronter Nixon, a saisi la balle et l'a relayée à Joe Carter au premier but quelques fractions de secondes avant l'arrivée du coureur. Les Blue Jays remportaient ainsi leur toute première Série mondiale par la marque finale de 4 à 3 en manches supplémentaires. Les célébrations ont été sans fin. Jamais auparavant une équipe canadienne de baseball n'avait remporté une Série mondiale. L'équipe de 1992 est officiellement entrée dans l'histoire et a démontré au monde entier que les équipes canadiennes étaient une force avec laquelle il fallait compter.

Cito Gastonnous a fait don de ses bagues des Séries mondiales de 1992 et de 1993. Elles sont exposées de façon permanente au Temple de la renommée et musée du baseball canadien. 

De retour et meilleurs que jamais!

En 1993, les Blue Jays sont revenus en Série mondiale après avoir remporté le championnat de la Ligue américaine avec une fiche de 95 victoires et 67 défaites. Cette fois, ils affrontaient les Phillies de Philadelphie. Les deux équipes ont partagé les deux premiers matchs à Toronto avant de prendre la direction de Philadelphie. Les bâtons se sont animés lors des troisième et quatrième matchs des deux côtés, les Blue Jays remportant le troisième match par la marque de 10 à 3. Le quatrième match est entré dans l'histoire comme le match de Série mondiale ayant produit le plus grand nombre de points. À la fin de la septième manche, Philadelphie menait 14 à 9, mais le match était loin d'être terminé. Devant plus de 24,5 millions de téléspectateurs, les Blue Jays ont inscrit six points en début de huitième manche pour prendre les devants 15 à 14. Cette rencontre complètement folle a défié toutes les attentes : les Blue Jays ont marqué 15 points sans frapper un seul circuit et le match a duré plus de quatre heures sans nécessiter de manches supplémentaires. 

Faisant face à l'élimination, les Phillies ont remporté le cinquième match, forçant ainsi le retour de la série à Toronto pour un sixième affrontement. Ce match palpitant s'est rendu à la neuvième manche avec les Blue Jays qui tiraient de l'arrière 6 à 5. En fin de neuvième, avec deux coureurs sur les sentiers et un retrait, Joe Carter s'est présenté au bâton. Avec un compte de deux balles et deux prises, Carter a frappé une balle rapide et l'a envoyée par-dessus la clôture du champ gauche, laissant Tom Cheekdécrire le jeu : « Touch 'em all, Joe, you'll never hit a bigger home run in your life! » (touche à tous les buts Joe, tu ne frapperas pas un autre circuit aussi important de toute ta vie) Il ne s'agissait que de la deuxième fois qu'une Série mondiale était remportée grâce à un circuit mettant fin au match, et de la première fois qu'une équipe tirant de l'arrière réalisait un tel exploit. Il s'agit peut-être du plus grand moment de l'histoire des Blue Jays, et d'un moment tout indiqué pour être commémoré par une statue du 50e anniversaire qui sera installée à l'extérieur du Rogers Centre en 2026. D'un seul élan de bâton de Joe Carter, tout un pays a éclaté de joie et les Blue Jays sont devenus champions de la Série mondiale pour une deuxième année consécutive.

Marbre ayant servi lors du circuit victorieux de Joe Carter en Série mondiale, signé par Joe Carter. Collection du personnel.
Micro de Tom Cheek. Don de la famille Cheek.
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