Au cours de 50 saisons de baseball des Blue Jays, il y a eu des moments véritablement historiques et des personnes extraordinaires qui ont contribué à les rendre possibles. Jetons un regard sur quelques-unes de ces figures marquantes.
Une jambe cassée n'empêche pas un retrait…
Avant de devenir l'un des descripteurs les plus respectés de l'histoire de la concession, Buck Martinez a été receveur pour les Blue Jays de 1981 à 1986. Le 9 juillet 1985, Martinez, alors âgé de 36 ans, s'est retrouvé dans une situation inhabituelle au marbre lors d'un match contre les Mariners. En fin de troisième manche, avec un coureur au deuxième but, Gorman Thomas, de Seattle, a frappé un simple vers le champ droit. Jesse Barfield a récupéré la balle et l'a relayée au marbre dans l'espoir de retirer Phil Bradley, qui fonçait vers le marbre. Martinez a capté la balle au moment même où Bradley arrivait au marbre, provoquant une violente collision entre les deux joueurs. Projeté au sol, Martinez conservait toutefois la balle dans son gant. En se redressant, il a aperçu Thomas qui continuait son tour des buts. Il a tenté de lancer au troisième but vers Garth Iorg, mais la balle a dépassé sa cible et s'est retrouvée au champ gauche. Alors que Thomas se dirigeait vers le marbre, George Bell a récupéré la balle et l'a retournée à Martinez. Toujours assis près du marbre, Martinez a capté le relais et a appliqué le retrait sur Thomas, complétant ainsi un double jeu peu commun. Étendu au sol près du marbre, il est rapidement devenu évident que Martinez était gravement blessé. Transporté hors du terrain sur une civière, il a appris que la collision lui avait fracturé le péroné et disloqué la cheville. Sa saison était terminée.
Buck Martinez est par la suite devenu gérant de la formation avant de devenir une figure appréciée de l'équipe de diffusion des Blue Jays. Depuis la cabine de Sportsnet, il a décrit d'autres participations des Blue Jays aux séries de divisions, aux séries de championnat et aux Séries mondiales, sa voix servant de bande sonore à plusieurs moments mémorables pour les amateurs partout au Canada.
L'unique
Dave Stieb, l'un des lanceurs les plus coriaces à avoir porté l'uniforme des Blue Jays, demeure le seul lanceur de l'histoire de la concession à avoir réussi un match sans point ni coup sûr.
En 1988, Stieb a vu deux matchs sans point ni coup sûr lui échapper lors de départs consécutifs, les deux fois avec deux retraits en neuvième manche. Comme si ce n'était pas suffisamment cruel, il a également perdu un match parfait en 1989 alors qu'il ne lui manquait qu'un seul retrait en neuvième manche. Stieb était tout près de la perfection et semblait constamment frapper à la porte de l'exploit. Enfin, le 2 septembre 1990, contre les Indians de Cleveland, Stieb a forcé Jerry Browne à frapper un ballon capté au champ droit pour enregistrer le dernier retrait du premier, et jusqu'à maintenant seul, match sans point ni coup sûr de l'histoire des Blue Jays. Quelques secondes après que le dernier lancer eut été capté par le voltigeur Junior Félix, ses coéquipiers ont accouru sur le terrain pour le soulever dans les airs et célébrer l'exploit.
Devo contre la clôture du champ extérieur
Récompensé à cinq reprises par un Gant doré avec les Blue Jays, Devon White était l'une des grandes vedettes du champ extérieur torontois. Au fil des années, il a réalisé de nombreux attrapés spectaculaires, mais un jeu défensif effectué en 1992 a particulièrement marqué les esprits. Lors du troisième match de la Série mondiale de 1992, David Justice, des Braves d'Atlanta, a frappé une longue balle au champ centre en quatrième manche. Dans un exemple parfait de synchronisation, White a bondi pour effectuer l'attrapé avant de plonger tête première dans le rembourrage de la clôture du champ extérieur. Il s'est ensuite relevé, s'est retourné et a relayé la balle vers l'avant-champ, amorçant un double jeu. Ce jeu demeure l'un des plus grands attrapés de l'histoire des Blue Jays.
Quatre circuits
Le 25 septembre 2003, Carlos Delgado s'est présenté au SkyDome avec 299 circuits en carrière... et une forte grippe. Il a quitté le stade ce soir-là avec 303 circuits en carrière. Ce jour qui semblait pourtant ordinaire, Delgado a frappé quatre circuits dans un même match contre Tampa Bay, devenant le 15e joueur de l'histoire du baseball majeur à réaliser cet exploit. Cette performance demeure un record de concession pour le plus grand nombre de circuits frappés dans un match par un joueur des Blue Jays et a confirmé le statut de Delgado comme légende torontoise.
Un spectaculaire « flip »
Le « Bat Flip » est l'un des moments les plus emblématiques de l'histoire des Blue Jays. Le 14 octobre 2015, José Bautista s'est présenté au bâton lors du cinquième match décisif de la Série de division de la Ligue américaine contre les Rangers du Texas. Avec deux coureurs sur les buts et un pointage de 3 à 3 en septième manche, il a frappé un circuit de trois points au-dessus de la clôture du champ gauche. Submergé par l'émotion du moment, il a lancé son bâton dans les airs dans un geste devenu légendaire. L'avance de 6 à 3 a tenu jusqu'à la fin du match, propulsant Toronto vers la Série de championnat de la Ligue américaine pour la première fois depuis 1993. Ce moment a solidifié l'héritage de Bautista comme l'un des plus grands Blue Jay de tous les temps.
« Springer Dinger »
George Springer est aujourd'hui l'un des noms les plus connus chez les partisans des Blue Jays. Gagnant de trois Bâtons d'argent et participant à quatre matchs des étoiles, Springer a toutefois marqué l'histoire torontoise grâce à son fameux « Springer Dinger ». Lors du septième match de la Série de championnat de la Ligue américaine de 2025 contre Cleveland, Toronto tirait de l'arrière. Les Blue Jays n'avaient inscrit qu'un seul point en première manche et accusaient un retard de 3 à 1 après six manches. En fin de septième manche, avec deux coureurs sur les sentiers et une foule extrêmement nerveuse, Springer s'est présenté au bâton et a envoyé la balle au-delà de la clôture du champ gauche. Ce circuit de trois points a propulsé les Blue Jays vers la Série mondiale pour la première fois en 32 ans. La scène lui appartenait alors qu'il sautait et criait de joie jusqu'à son arrivée au marbre. Avec une série égale 3 à 3, les Blue Jays avaient besoin d'un miracle, et le « Springer Dinger » représentait exactement ce qu'espéraient les partisans.
WAMCO
WAMCO est un terme populaire utilisé pour désigner les cinq frappeurs qui occupaient habituellement le haut de l'alignement des Blue Jays en 1993 : Devon White, Roberto Alomar, Paul Molitor, Joe Carteret John Olerud. Ce groupe dominant a grandement contribué à mener les Blue Jays vers leur deuxième conquête de la Série mondiale grâce à une attaque pratiquement irrésistible. En combinant les honneurs individuels des membres de WAMCO, on obtient 20 Gants dorés, 10 Bâtons d'argent et un total de 29 sélections au match des étoiles. De plus, John Olerud a remporté le championnat des frappeurs en 1993 avec une moyenne de ,363, la meilleure de la Ligue américaine. Fait remarquable, les Blue Jays occupaient également les deuxième et troisième rangs de ce classement : Paul Molitor a frappé pour ,332 et Roberto Alomar pour ,326.
Le champ extérieur des années 1980
Une autre formation légendaire a dominé le champ extérieur des Blue Jays durant les années 1980, formant probablement le trio de voltigeurs le plus talentueux de l'histoire de la concession. De 1984 à 1988, George Bell, Lloyd Moseby et Jesse Barfield patrouillaient respectivement le champ gauche, centre et droit. Ce trio puissant est considéré comme l'un des meilleurs de l'histoire de la franchise. Leur contribution, tant en attaque qu'en défense, a joué un rôle essentiel dans les participations des Blue Jays aux séries éliminatoires de 1985 et de 1987. Pendant leur séjour à Toronto, ils ont remporté ensemble cinq Bâtons d'argent et deux Gants dorés. George Bell a également reçu le titre de joueur par excellence en 1987, une première dans l'histoire de la concession.
Doc
L'un des Blue Jays les plus légendaires de tous les temps, Roy “Doc” Halladay, a amorcé son histoire avec l'équipe en 1998, lorsque le jeune lanceur est passé tout près de réussir un match sans point ni coup sûr dès sa saison recrue. Le 27 septembre marquait le dernier match de la saison pour les Blue Jays. Halladay lançait un match sans point ni coup sûr jusqu'en huitième manche lorsqu'un circuit de Bobby Higginson, des Tigers de Détroit, est venu mettre fin au rêve. Halladay a finalement remporté son premier trophée Cy Young avec les Blue Jays en 2003 après une saison de 22 victoires. Il a conservé un pourcentage de victoires de ,661, le meilleur de l'histoire de la concession, et occupe le deuxième rang chez les lanceurs des Blue Jays pour les victoires, les blanchissages, les retraits sur des prises et le WAR. Il a également réussi plusieurs jeux blancs pour le club, y compris lors de son dernier match avec les Blue Jays.
Roy Halladay et son épouse Brandy ont aussi été parmi les plus importants soutiens de la Fondation Jays Care. Halladay versait notamment 100 000 $ par année à l'organisme dans le cadre de son contrat avec l'équipe. Il parrainait également la « Doc's Box » au Rogers Centre, permettant à des enfants et à des familles de l'hôpital pour enfants d'assister aux matchs dans une loge privée. Sa générosité et sa contribution à l'organisation font de lui l'un des Blue Jays les plus respectés de tous les temps.
Duane Ward
Lanceur de relève et véritable homme de confiance, Duane Ward a été l'un des meilleurs releveurs de l'histoire des Blue Jays. Il a porté l'uniforme du club de 1986 à 1995, à l'exception de la saison 1994 en raison d'une blessure. Au cours de ses cinq premières saisons avec Toronto, il n'a jamais participé à moins de 64 matchs et a lancé plus de 100 manches à chacune de ces campagnes. Après le départ de Tom Henke en 1992, Ward est devenu le releveur de fin de match attitré de l'équipe. Dans ce rôle, il a aidé les Blue Jays à remporter la Série mondiale en 1993. Cette même saison, il a établi des records de concession avec 45 sauvetages et 70 apparitions. En neuf saisons avec les Blue Jays, il a participé à 452 matchs, le deuxième plus haut total par un lanceur dans l'histoire de l'équipe. Après sa retraite, il a continué à promouvoir les Blue Jays, notamment par l'entremise de l'Académie des Blue Jays de Toronto et de la Fondation Jays Care.
Dr. Ron Taylor
Ron Taylor était une légende canadienne du baseball. Grâce à ses deux bagues de la Série mondiale remportées avec les Cardinals de Saint-Louis et les Mets de New York, il demeure le seul joueur canadien à avoir remporté la Série mondiale avec deux équipes différentes. Après sa carrière de joueur, Taylor est retourné aux études et a obtenu un diplôme en médecine de l'Université de Toronto. En plus de sa pratique médicale, le Dr Taylor a occupé le poste de médecin des Blue Jays de 1979 à 2014. Au cours de cette période, il a travaillé auprès de nombreux joueurs, dont ceux des deux équipes championnes de la Série mondiale.
Cito Gaston
Après 11 saisons comme joueur dans les Ligues majeures, Cito Gaston s'est joint aux Blue Jays en 1982 à titre d'instructeur des frappeurs. En 1989, il a remplacé Jimy Williams comme gérant des Blue Jays et est devenu l'homme qui allait véritablement permettre à l'équipe de prendre son envol. Au cours des quatre saisons suivantes, il a mené le club à quatre championnats de division et à deux conquêtes de la Série mondiale, devenant le premier gérant noir à remporter une Série mondiale. Il a dirigé l'équipe jusqu'en 1997 avant d'y revenir plus tard comme entraîneur puis comme gérant de 2008 à 2010. Il demeure le plus grand gérant de l'histoire des Blue Jays et l'un des plus grands gérants de l'histoire du baseball majeur.
Paul Beeston
Embauché le 10 mai 1976 comme tout premier employé de l'organisation, Paul Beeston est devenu l'une des figures les plus importantes de l'histoire des Blue Jays. En décembre 1991, il a été nommé chef de la direction de la franchise et a supervisé les deux équipes championnes de la Série mondiale. En 1997, il est devenu président et chef de l'exploitation du Baseball majeur. Plus de 50 ans après son embauche, il continue toujours de travailler auprès de l'organisation.
Hazel Mae
À mesure que la franchise grandit et évolue, sa diversité continue également de s'accroître. De plus en plus de femmes jouent aujourd'hui un rôle important au sein de l'organisation des Blue Jays. Parmi elles figure Marnie Starkman, vice-présidente exécutive des opérations commerciales, l'une des dirigeantes les mieux placées du baseball majeur. L'organisation a également compté plusieurs entraîneuses, dont Ashley Stephenson, intronisée au Temple de la renommée du baseball canadien en 2024. Une autre figure importante est Hazel Mae, reporter des Blue Jays pour Sportsnet. Mae s'est jointe à Rogers Sportsnet en 2001 et a progressé au sein de l'entreprise avant de devenir journaliste de terrain des Blue Jays en 2015, rôle qui a fait sa renommée auprès des amateurs. Que ce soit en évitant les douches de boisson sportive après les victoires des Blue Jays ou en couvrant les plus grands moments de l'équipe, elle est devenue l'une des voix les plus reconnues du baseball torontois. Elle est également la deuxième femme à recevoir le prix Jack Graney pour l'ensemble de sa contribution aux médias sportifs. Plus récemment, Madison Shipman s'est jointe à l'équipe de Sportsnet. Le 10 juillet 2026, elle est devenue la première femme à assurer la description télévisée d'un match de saison régulière des Blue Jays. Hazel Mae a ouvert la voie et établi une nouvelle référence pour les femmes dans le domaine de la diffusion sportive, tout en contribuant à raconter certains des plus grands moments du baseball torontois.